05/01/10 LES ECHOS
Un an après sa mise en place, la fusion entre l'ANPE chargée du placement et du contrôle des chômeurs, et les Assedic, chargées de leur indemnisation, n'est plus vraiment contestée. Mais elle
doit encore démontrer son efficacité au service des chômeurs et des entreprises alors que la conjoncture reste mauvaise.
Un an jour pour jour après son lancement, Pôle emploi s'est imposé dans le paysage social français. Dans
son principe, la fusion entre l'ANPE, chargée du placement et du contrôle des chômeurs, et les Assedic, chargées de leur indemnisation, n'est plus réellement contestée par personne. Mais
elle doit encore démontrer son efficacité pour les chômeurs et les entreprises. La deuxième année de Pôle emploi sera donc cruciale, pour eux comme pour les salariés de l'établissement public
administratif, malmenés par les bouleversements imposés dans une conjoncture très rude. Elle le sera aussi pour l'exécutif, et en particulier le président de la République, car la fusion était
une de ses promesses de campagne.
A quelque chose malheur est bon. Nul besoin de lancer une coûteuse campagne de communication pour que le nom de Pôle emploi s'impose : la
réalisation de la fusion dans un contexte de flambée du chômage a fait le travail. Née dans la douleur en 2009, l'institution a d'abord dû se concentrer sur l'absorption au jour le jour de
l'afflux considérable des chômeurs, afin d'éviter toute rupture de charge dans l'indemnisation. L'aide au reclassement a été reléguée au second plan. Si la menace d'un renforcement des contrôles
sur les demandeurs d'emploi via la notion d'offre raisonnable d'emploi s'est éloignée, les promesses d'une amélioration du service aux chômeurs et aux entreprises grâce à la fusion se sont aussi
envolées sous la violence du choc conjoncturel. Quand ce dernier ne s'est pas accompagné d'une dégradation des prestations, comme sur la formation des demandeurs d'emploi, pour laquelle 2009 a
été une année noire.
Aide au reclassement
En parallèle à celui de la reprise de la prospection auprès des entreprises, le chantier de l'offre de service aux chômeurs sera d'autant plus important que la reprise économique est incertaine, et qu'elle ne bénéficiera qu'avec retard à ceux qui sont déjà sans emploi, dont la durée de chômage va donc continuer à s'allonger. Elle n'empêchera pas, en particulier, la hausse du nombre de demandeurs d'emploi de longue durée. Le sujet est évidemment financier : celui du basculement attendu de plusieurs centaines de milliers de chômeurs de plus dans le régime de solidarité chômage (ASS) ou dans le RSA, sur lequel les partenaires sociaux ont déjà interpellé le gouvernement. Mais c'est aussi un enjeu majeur d'aide au reclassement. Et de formation des publics les plus éloignés de l'emploi. Cette question renvoie au Fonds paritaire de sécurisation des parcours professionnels, principale innovation de la réforme de la formation professionnelle, dont la mise en place, prévue initialement au 1er janvier, a pris du retard et sur lequel les partenaires sociaux et l'Etat discutent ferme.
LEÏLA DE COMARMOND, Les Echos
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