PLUS DE 600 PERSONNES SANS SOLUTION D’HEBERGEMENT CHAQUE JOUR AU 115,UNE SITUATION CATASTROPHIQUE !
Communiqué du Réseau des professionnels de l’urgence sociale - Contact : Baptiste Meneghin 06.88.48.39.24
Après un été chaotique rythmé par la chasse aux squats de terrain ou de bâtiments, et 350 personnes se voyant refuser l’accès à l’hébergement d’urgence faute de places, ce mois d’octobre connaît
une situation de crise catastrophique et inédite dans le secteur de l’hébergement. En effet, la semaine dernière, le 115 a vu le nombre de personnes sans solution exploser et atteindre des
niveaux jamais enregistrés depuis sa création !
Plus de 600 personnes laissées sur le trottoir chaque soir, c’est inacceptable !
Nous ne pouvons accepter de laisser plus de 600 personnes appeler chaque jour le 115 pour finalement dormir dans la rue. Les annonces faites par la Préfecture, à l’occasion de la présentation du
plan froid (250 places supplémentaires pour le mois de novembre), sont ridiculement insuffisantes. Nous alerterons les autorités locales et nationales sur cette situation intolérable. Si une
réaction rapide n’est pas apportée, nous professionnels de l’urgence sociale, ne trouveront aucun sens à continuer notre travail dans un contexte aussi maltraitant pour les personnes sans abri.
Comment supporter qu’une personne SDF en vienne à appeler la police afin d’être conduite en prison par crainte de vivre une nouvelle nuit à la rue ? Comment tolérer de voir les personnes que nous
accompagnons s’affaiblir physiquement et psychiquement jusqu’à ne plus être en mesure de se projeter dans un ailleurs que la rue ?
Des solutions d’hébergement existent, elles sont prêtes mais le dispositif hivernal est prévu pour « monter progressivement en puissance » explique la préfecture… en dépit des annonces de Cécile
Duflot quant aux efforts faits en termes d’adaptation aux besoins recensés. Madame la Ministre se moque-t-elle ouvertement des personnes sans abri ? Les services déconcentrés de l’Etat nient-ils
la réalité et l’urgence ? Il est inacceptable de laisser souffrir et de maltraiter sciemment plus de 600 personnes qui n’attendent qu’un toit pour survivre, alors que des places peuvent être
mobilisées. N’attendons pas le premier mort de froid à Lyon pour ouvrir en urgence les structures qui pourraient l’être dès aujourd’hui. Nous demandons donc :
- - l’ouverture immédiate de toutes les places d’hébergement prévues pour la période hivernale ;
- - la pérennisation de toute place d’hébergement ouverte pour faire face aux besoins qui explosent, conformément à la loi et aux déclarations de Cécile Duflot.
C’est parce que, jusqu’à présent, la question de l’hébergement a été gérée au thermomètre que la situation est aujourd’hui si dramatique. Ce « plan froid » doit être le dernier et c’est en
ouvrant des places d’hébergement pérennes dès maintenant que l’on pourra enfin y travailler.
Réseau des professionnels de l’urgence sociale/reelengagementsdf@gmail.com