Pas de signal pour les chômeurs
http://www.humanite.fr 23/03/10
« Deux heures et demie de discussion pour pas grand-chose », résumait hier Maurad Rabhi, représentant CGT, au sortir de la
rencontre tripartite entre syndicats, patronat et le directeur de cabinet du secrétaire d’État à l’Emploi, Laurent Wauquiez, sur la question des chômeurs en fin de droits.
Les discussions achoppent sur deux points, explique le syndicaliste. D’abord, la bataille de chiffres, le gouvernement estimant que seuls 200 000 chômeurs auront besoin d’une aide courant 2010,
alors que les syndicats placent la barre à 360 000 personnes. Ensuite, le gouvernement n’envisage que des mesures « actives », sous forme de contrats aidés et de formations rémunérées,
mais en aucun cas une aide financière directe aux chômeurs, sous forme d’allocation spécifique de crise, comme le revendiquent les syndicats. La proposition ministérielle est d’autant plus légère
que les formations pour les demandeurs d’emploi relèvent des budgets des régions, et non pas de l’État… Le cabinet de Laurent Wauquiez a ainsi proposé hier de convier un représentant de
l’Association des régions de France (ARF) à la prochaine rencontre tripartite, qui devrait avoir lieu avant la fin de la semaine prochaine.
« Après le message des électeurs envoyé dimanche, le gouvernement avait l’occasion d’envoyer un signal fort en annonçant une allocation de crise pour les chômeurs », tempête Maurad
Rabhi. « On a trouvé une solution pour les entreprises et pour les banques, pourquoi pas pour les demandeurs d’emploi ? » De leur côté, les quatre organisations de chômeurs
AC !, Apeis, MNCP et CGT-chômeurs ont publié hier une lettre ouverte dénonçant le fait qu’elles sont exclues des discussions et revendiquant « un véritable revenu de remplacement pour
tous ». Le gouvernement refuse une aide financière pour les demandeurs d’emploi en fin de droits.
Fanny Doumayrou
/image%2F0584020%2F20140122%2Fob_d5d3bc_index01-04.gif)