Outre les retraites, le président de la République a proposé hier des concertations sur les
chômeurs en fin de droit et les mesures pour l'emploi. Il a aussi annoncé le prolongement de
l'allocation équivalent retraite.
Le chef de l'Etat a manié hier la carotte et le bâton. Outre celle sur les retraites, il a annoncé une
concertation sur les chômeurs en fin de droits ou encore sur la politique de l'emploi et répondu
positivement aux demandes syndicales de prolongement de l'allocation équivalent retraite (AER),
mais il a tancé les partenaires sociaux, de fait le patronat, sur le partage de la valeur ajoutée et la
représentativité dans les petites entreprises.
Chômeurs en fin de droits : ouverture immédiate de la concertation. Le chef de l'Etat a annoncé
hier l'ouverture d'une « concertation avec les partenaires sociaux de l'Unedic » sur les chômeurs
en fin de droits. Mais il a aussi limité le champ de la responsabilité de l'Etat : sur les 150.000 à
200.000 demandeurs d'emploi de plus qu'en 2009 qui pourraient perdre tout droit à un revenu de
remplacement cette année, « les deux tiers [...] s'expliqueraient par la nouvelle convention
[Unedic] qui permet d'ouvrir des droits à des personnes qui en étaient jusqu'alors dépourvues ».
Pour Nicolas Sarkozy <http://lesechospedia.lesechos.fr/nicolas-sarkozy.htm?xtor=SEC-3167, le
sujet est plutôt celui des demandeurs d'emploi longue durée : il s'est dit « déterminé » à n'en
laisser « aucun [...] sans solution ». Mais il a fermé la porte à un simple assouplissement de
l'allocation de solidarité spécifique (ASS). Il a évoqué « une formation rémunérée pour tous
ceux qui le peuvent et une allocation avec contrepartie pour les autres car c'est par le travail
qu'on se réinsère ».
Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, en charge du dossier, va commencer « dès
cette semaine » à rencontrer patronat et syndicats, l'objectif étant d'aboutir « avant fin mars ».
Sachant que Nicolas Sarkozy a souligné que les « solutions trouvées » devront faire l'objet d'un
financement commun Etat-partenaires sociaux.
Un bilan de la politique de l'emploi en avril. C'était la surprise du sommet : Nicolas Sarkozy a
parlé d'abord emploi avant de parler retraites. Il a annoncé qu'un nouveau bilan d'étape des
mesures prises pour l'emploi en réaction à la crise sera réalisé avec les partenaires sociaux
« en avril », à l'image de ce qui avait été fait le 1 er juillet dernier : « Ce serait l'occasion de
juger ce qui a été le plus efficace, des mesures qu'on peut interrompre, de celles qu'il faut au
contraire maintenir, voire renforcer. » Aumenu : l'accompagnement renforcé des chômeurs,
la formation en chômage partiel, les mesures en faveur des apprentis, les embauches
« zéro charges » dans les TPE (un dispositif censé s'arrêter au 1 er juillet).
L'allocation équivalent retraite prolongée. Les chômeurs de moins de 60 ans arrivant en fin de
droits en 2010 mais ayant déjà tous leurs trimestres de cotisation retraite peuvent souffler.
Nicolas Sarkozy « a donné son accord de principe pour reconduire exceptionnellement
l'allocation équivalent retraite » cette année, a annoncé Jean-Claude Mailly (FO). De 25.000 à
30.000 seniors au chômage seraient concernés cette année, pour un coût de 300 millions
d'euros étalé sur deux ans, car l'allocation est ouverte à partir de 58 ans révolus.
Cette décision devrait porter à 70.000 le nombre d'allocataires de l'AER cette année.
Partage de la valeur ajoutée : les partenaires sociaux ont trois mois pour négocier. Le chef de
l'Etat « regrette » que les partenaires sociaux n'aient toujours pas lancé les négociations sur le
partage de la valeur ajoutée, prévues dans... l'agenda social 2009, le patronat traînant les pieds.
S'ils ne concluent pas dans les trois mois, le gouvernement préparera un projet de loi, a-t-il
annoncé, reprenant une menace déjà brandie l'an passé. Si le gouvernement devait reprendre la
main, il s'orienterait vers une consultation obligatoire des syndicats dans les entreprises.
Dialogue social dans les TPE : une loi votée « à l'automne ». Le gouvernement va reprendre
l'initiative après l'échec de la délibération sociale sur la mise en place du dialogue social et la
mesure de la représentativité dans les TPE (moins de 10 salariés). Le ministre du Travail,
Xavier Darcos, consultera à cet effet syndicats et patronat avec pour objectif d'arriver à un projet
de loi « fin mars ». Il devra être adopté « au plus tard à l'automne prochain », a précisé Nicolas
Sarkozy. L'objectif est que les futures élections syndicales dans les TPE puissent avoir lieu
« au plus tard en septembre 2012 ».
L. DE C. ET D. P., Les Echos
source :
http://www.lesechos.fr/info/france/020367337881-emploi-partage-des-benefices-tpe-l-elysee-veut-des-resultats.htm
Commentaires Chômeurs Rebelles 56
"Partage de la valeur ajoutée", c'est nouveau, ça.
Mais pour partager les richesses, il faut aller les chercher avec les dents, et
non pas attendre tranquillement dans son fauteuil que ça tombe tout seul.
Les seules richesses que Sarko et le Medef voudront lâcher sans la pression de
la rue, ce seront DES MIETTES.