La Caravane Culturelle Syrienne a fait escale dans la capitale des Cévennes à Alès, plus précisément à la Bourse du Travail, sous l'égide de la Commission Culturelle de l'Union Locale CGT d'Alès.
Journée magique, les présentations faites autour d'un déjeuné. Chacun est investi par la réussite et vaque au mieux.
L'exposition fut installée sur la façade nord de notre bâtiment permettant à l’automobiliste lambda stationnant au feu, de voir des œuvres d'artistes d'un pays sous les bombes. Plusieurs badauds intéressés par la démarche, posèrent des questions devant la gravité des tableaux.....
A 19 heures : projections de vidéos et notamment : "Le Retour à Homs", documentaire projeté sur Arte l'hiver dernier, un journal de guerre tourné pendant près de deux ans auprès de jeunes combattants
Après ce film documentaire, et ces vidéos, avant le débat Eyas Al Mokdad chorégraphe et danseur, nous a ému par son interprétation.
Avant le débat Khouloud Al Zghrayar nous a fait lecture en Arabe et Amélie a assuré la traduction en Français de poèmes.
Le débat très riche animé par Mohamad Al ROUMI, a permis à bon nombre de remettre leurs pendules à l'heure......
Et après l'effort, le réconfort.....la collation, je veux dire les Mezzés syriens furent partagés avec plaisir en extérieur sur le perron de la Bourse. Moment convivial que nous avons tous apprécié, même notre hôte Leila Shahid ambassadrice de la Palestine en Europe pendant un quart de siècle, pourtant très sollicitée pour la séance photo.
La nuit tombant, cette soirée s'acheva par le concert de Catherine, Vincent et leur camarade syrien. Prestation excellente qui enchanta le public en interprétant notamment "la Dame de Damas"
Quiconque est touché par ce texte est libre de s’en emparer, car la dame de Damas lui appartient. Et que vive la Syrie libre.
Je suis né sous le père, j’ai grandi sous le fils
J’ai dû chanter leur gloire, j’ai enduré leurs vices
Jamais de jamais je n’aurais cru voir leur fin
Jamais de jamais je n’aurais cru vivre enfin
Ce fut une longue nuit, longue de quarante ans
Ce fut l’ère du mensonge, le règne des brigands
J’ai perdu mes amis, j’ai langui mes parents
J’ai ruminé ma peine, j’ai enterré l’instant
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Ce ne sont pas des lions, ce ne sont que des chiens
Aboyeurs enragés, ivres de leur venin
La Syrie leur est due et nous sommes leurs serfs
Un pays aux Assad, et pour nous la misère
Nous n’étions que deux cents quand le mur est tombé
Le mur de cette peur longtemps accumulée
Un cri de nos poitrines en écho a vibré
Nous ne voulons que Dieu, Syrie et liberté
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
C’était au mois de mars, deux mille onze est l’année
Nous n’étions que deux cents, sur nous ils ont tiré
Cette armée surarmée ne sait qu’est la pitié
D’un vendredi à l’autre nous devînmes des milliers
Il portait un couffin vers la ville assiégée
Les marches étaient de paix en rameaux d’oliviers
Il n’avait que treize ans, ils l’ont défiguré
Hamza est son prénom de toute éternité
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
C’est une guerre civile, martelait le tyran
De sa voix haut perchée de bourreau négligent
Le concert des nations endossa le postiche
Remplissez les charniers, on ne prête qu’aux riches
Les mots pâlissent face à ce fracas d’horreur
Carnages et maisonnées emportées avant l’heure
Gare aux dénonciateurs frémit chaque Syrien
Les fantômes torturent au nom d’Assad ou rien
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Abandonnés du monde, nos larmes étaient de sang
Toujours porter le deuil, râles jetés au vent
Pourtant oui tenir bon, résister résister
Peu à peu progresser, et l’étau desserrer
Mais tout a une fin, même la barbarie
Nous en tremblons le jour, nous en rêvons la nuit
Dans leur haine sans fond, ils veulent nous plonger
Nous serons plus forts qu’eux, nous saurons pardonner
La dame de Damas s’est levée ce matin
Liberté dans les cœurs, aube à portée de main
Cette dame je la chante, c’est la Révolution
Sur les murs de Syrie j’écris partout son nom.
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