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Discours d'inauguration de l'exposition sur l'Histoire de la Bourse du Travail d'Alès et du Mouvement Social Cévenol

Publié le 22 Décembre 2014 par Privés d'emploi Alès

Discours d'inauguration de l'exposition sur l'Histoire de la Bourse du Travail d'Alès et du Mouvement Social Cévenol
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Monsieur le Sous-préfet, Messieurs les Députés, Messieurs les Conseillers Généraux, Messieurs les Maires, Cher(e)s Ami(e)s, Cher(e)s Camarades,

Le CA de la Bourse du Travail à l’initiative de cette journée « Portes Ouvertes », et de cette exposition sur l’histoire de la Bourse du Travail et du mouvement social cévenol, vous remercie de votre présence.

Je voudrais avant tout saluer les Camarades qui maintenant depuis plus de trois mois s’investissent au quotidien à la réalisation de cette exposition.

Guilhem, la cheville ouvrière, le maître d’œuvre de cette journée a réalisé un véritable travail d’historien, sa tâche ne fut pas simple, car il n’existe que très peu d’archives concernant la Bourse du Travail.

Notre jeune camarade Aurore, assistée de la pétillante Typhanie, jeune stagiaire, élève du Lycée Jacques Prévert ont toutes deux, sélectionné, découpé, classé, archivé minutieusement documents et photos. Elles ont assumé le secrétariat de l’équipe, en envoyant les invitations.

Martine, qui lorsque son emploi du temps lui permettait a aidé Guilhem, sans oublier la triplette de la place Georges Dupuy, nos camarades Allain, Francis et Marcel qui ont grâce à leurs souvenirs de militants, leurs implication dans le mouvement social et dans la réalisation des panneaux, retracés un pan de l’Histoire alésienne.

Merci aux Mineurs et Amis de Ladrecht pour leur exposition et leur soutien.

Merci aussi à l’Institut d’Histoire Sociale de la CGT pour le prêt de documents et d’objets.

Merci au Journal la Marseillaise pour l’ouverture de ses archives,

Merci à Madame Suzanne André pour le prêt des archives du journal « Clinton ».

Merci à Monsieur Michel Wienin, Chercheur bien connu des Alésiens qui grâce à son travail et sa perspicacité a permis que ce bâtiment, la Bourse du Travail soit classé au patrimoine culturel.

Et bien sur, merci aux Syndicats qui font vivre la Bourse et aux Associations qui nous honorent de leur présence.

Une exposition sur le mouvement social et la Bourse du Travail, pourquoi faire ? Tout simplement pour réunir les acteurs de ce mouvement, leurs amis et parler de notre patrimoine commun. Si notre héritage n’est pas fait de capitaux, d’immobiliers ou autres biens, il s’est construit, de luttes, de conquêtes sociales, de libertés durement arrachées par nos anciens, souvent aux prix de leur vie, car jamais le capital, les pouvoirs en place n’ont concédé un seul avantage sans que précédemment le rapport de force se soit établi. Gardons cela, bien en mémoire. Notre bien commun s’écrit et se dit de différentes façons, mais elles vont toutes dans le même sens, droit de s’organiser, de grève, de liberté syndicale, journée de 8h, congés payés, sécurité sociale, retraite, égalité de salaire etc.…..

Imaginez les souffrances, le sang versé afin que ces simples mots deviennent conquêtes sociales.

Notre Histoire, s’est écrite avec le sang et les larmes de nos anciens. Nous ne devons pas l’oublier ! Elle est aussi riche des valeurs qui nous unissent, Solidarité, Amitiés entre les peuples, Paix !

Dans les mines, les usines, les chantiers, ici même ont travaillé, luttés, échangés toutes les nationalités, Occitans, Français, Espagnols, Italiens, Polonais, Algériens, Sénégalais et bien d’autres encore….. Ils deviennent compagnons de travail, frères de luttes et se nomment communément « Camarade »

A l’heure où ressurgissent les pires obscurantistes religieux ou politiques, nous devons, nous syndicalistes passer à l’offensive contre le racisme et l’intolérance. Un travailleur, quelle que soit sa couleur de peau, sa condition sociale, son sexe, reste un travailleur, et notre rôle est de défendre tous les travailleurs. nous sommes les héritiers des Révolutions de 1789, 1830, 1848, de la Commune de Paris, de 36, des Partisans qui luttèrent contre le fascisme, de celles et ceux qui écrivirent le programme du Conseil National de la Résistance.

Nous aussi, nous avons lutté, écrit des pages de l’histoire du mouvement social ! Les plus anciens ont connu les grandes grèves des mineurs. Celles de 1948 où l’armée tira sur les grévistes à Alès, puis de 1963, 80-81, les usines en grève de la SAFT, de Salindres, et la Céramique. Plus près de nous les conflits de Richard Ducros, de Tamaris, des Cheminots, la Poste, Call Expert… Hommage aussi à l’obstination, à la persévérance, et là, je pense aux mineurs révoqués qui après un demi siècle de lutte viennent enfin d’être réhabilités dans leurs droits.

Notre mémoire ouvrière n’est pas courte, rien n’est jamais acquis, vous le savez mieux que quiconque ! Notre histoire si souvent, falsifiée, calomniée, voire insultée est riche, forte, inscrite dans le marbre de la lutte des classes, dans nos gènes, nous devons la faire vivre et l’enrichir encore, car l’histoire est un mouvement perpétuel

Lors de la création du mouvement des Bourses du Travail, les fondateurs, en particulier Fernand Pelloutier, s’étaient fixés plusieurs objectifs :

  • Le premier : gérer le marché du travail,
  • Le second : le secours, c’est-à-dire la solidarité,
  • Le troisième : la défense du droit,
  • Le quatrième : l’éducation et la culture.

Depuis bien sur le monde a subi d’immenses bouleversements, mais le système capitaliste dominant est toujours aussi brutal. Les exploiteurs utilisent les mêmes procédés : guerres, répressions meurtrières, prisons, criminalisation de l’action syndicale, etc.…..

Dernièrement en France, un jeune manifestant écologiste est mort, victime d’un tir de grenade offensive.

Nous pressentons l’avenir, et tous ces événements nous indiquent que nous devons rester mobilisés, que nous avons obligation de nous organiser. N’oublions pas que les Bourses du Travail sont un exemple de l’organisation de la Classe Ouvrière

Je voudrais aussi, car cela fait partie des objectifs fixés par les fondateurs en 1895, vous parler du travail remarquable qu’accomplissent au quotidien les camarades de la CGT, CFDT, FO, CFTC qui assurent avec brio, et avec le plus grand dévouement les permanences juridiques et l’accueil des salariés en difficultés avec leurs employeurs. Ils sont des éléments essentiels. Leurs compétences sont telles que souvent les administrations chargées des affaires sociales orientent les Salariés, les Privés d’Emploi vers nos Syndicats.

Concernant la solidarité, des Camarades des Syndicats CGT, Solidaires, et CNT mènent de nombreuses actions auprès des plus démunis, jeunes précaires, SDF, familles en détresse, sans papier. Nous avons organisé dans nos locaux lors des périodes de grand froid des distributions de repas chauds et fraternels.

La solidarité, l’assistance juridique, l’interpro, nous pratiquons. Mais il y a deux points que nous devons améliorer et travailler : la Culture et l’Éducation Populaire. Nos syndicats dispensent déjà les formations nécessaires à nos militants.

Nous avons pour ambition de créer un pôle culturel, loin bien sur des standards et du diktat de la pensée dominante. Un pôle culturel participatif militant, dans l’esprit même qui animait Fernand Pelloutier. L’éducation, la culture et le loisir accessible à tous. Prendre le temps de vivre, de choisir et surtout de s’émanciper. Cette exposition est le départ de notre action culturelle. Nous comptons sur vous tous pour l’enrichir. Elle doit devenir une expo permanente.

Bernard VIRE

Président du Conseil d'Administration

de la Bourse du Travail

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