Le 28 mai 2014
À
Monsieur le Député
Fabrice VERDIER
Monsieur le Député,
Depuis le changement de majorité intervenu en mai 2012, à l’Union Locale CGT d’Alès, nous constatons, que les mesures pour redresser l’économie sont très négatives pour l’ensemble des salariés et les services publics.
Ces changements radicaux, comme vous les nommez, ne sont à nos yeux que le prolongement de la politique du précédent quinquennat dicté par l’Union Européenne. Ils ont été pensés et mises en forme par le MEDEF, uniquement pour le MEDEF. Nous tenons à vous rappeler que cette organisation n’a que pour unique but de réduire à néant le Code du Travail, détruire notre modèle social et augmenter ses profits.
Parmi les chantiers lancés pour améliorer la compétitivité des entreprises, qui entre parenthèses ne sont pas pour l’instant les nôtres, vous votez avec la majorité présidentielle, la droite et son extrême, les pires lois antisociales, exemples l’ANI qui déstructure le Code du Travail imposant la pire des flexibilités aux salariés, ou bien l’allongement de la l’âge de la retraite chère au patronat. Je n’insiste pas sur les multiples cadeaux chiffrés en milliards d’euros accordés au MEDEF et aux actionnaires. Vous soutenez donc toutes ces lois scélérates, contribuez à supprimer des acquis aux salariés, et vous osez parler de nouveaux droits ! En termes d’embauche, nous n’avons pas du tout la même appréciation. Vous semblez bien méconnaitre la situation économique et sociale du bassin alésien engendrée comme partout en France par les politiques d’austérité et de récessions sociales que vous cautionnez en soutenant le gouvernement Hollande/Valls.
Je tiens à vous rappeler le chiffre du chômage : plus de 20%. La fermeture des dernières grandes entreprises de la métallurgie du bassin et l’effet dévastateur que cela produit sur les moyennes et les petites structures.
Le 22 novembre 2012, l’Union Locale CGT d’Alès a interpellé par courrier et voie de presse, Messieurs Marx Sous-préfet et Thévenot Commissaire au redressement productif, des menaces qui planaient sur les entreprises suivantes : Tamaris Industrie, Shelbox, Call Expert et des difficultés récurrentes d’autres groupes. À l’époque, nous proposions de travailler en amont afin d’éviter le pire. Nous n’avons obtenu aucune réponse des autorités préfectorales ou politiques. Malheureusement, l’histoire nous a donné raison. Je vous livre notre analyse devant la passivité des administrations et des élus. Nous pensons que vous êtes en incapacité de vous opposé au diktat du patronat, ni de faire de véritables propositions pour sauver l’emploi, de garantir des conditions de travail décentes, tout comme les salaires. Pour preuve, s’il en faut une, Monsieur Patitucci, Président de l’UIMM a affirmé devant les représentants des Unions Locales CGT, FSU, Solidaires, FO, ainsi qu’à la presse, je cite : « Ce n’est pas les politiques qui décident, mais le patronat » et à évoquer le peu d’intérêt qu’il portait au bassin d’Alès, en nous vantant les mérites du triangle d’or : Tricastin, Marcoule et Cadarache.
Les politiques d’asservissements au MEDEF, promulguées par le Chef de l’État donne raison à ce Monsieur. Ces mesures calquées sur les politiques d’austérités appliquées un peu partout en Europe sont dévastatrices, des droits sociaux, des libertés.
Le rôle de la CGT est justement de tout mettre en œuvre à travers les mobilisations des travailleurs et des citoyens pour faire échec à tous ces pactes et compromis qui ne servent que la finance. Vous l’avez compris, il est hors de question de participer à ce qui est une véritable mascarade que vous nommez « observatoire du pacte de responsabilité ». Nous ne collaborerons pas, et nous réitérons que nous sommes totalement opposés à toutes les politiques rétrogrades imposées par le gouvernement.
Vous, vous méprenez sur les orientations politiques de notre CGT. Nous ne sommes pas un syndicat d’accompagnement des réformes du patronat et des gouvernements, d’autres syndicats s’en chargent.
Notre syndicalisme est revendicatif, il prend ses racines dans le mouvement social de notre pays, mais aussi dans les luttes d’émancipations de tous les peuples de la planète.
Notre principale orientation est l’abolition du capitalisme, la transformation de la société pour un partage équitable des richesses seul garant d’une véritable justice sociale.
En espérant, Monsieur le Député que vous prendrez conscience de la misère, de la détresse engendrée par la politique que vous soutenez. Je vous le répète à l’Union CGT d’Alès, nous sommes seulement à la disposition des travailleurs et de toutes celles et ceux qui souffrent de l’injustice sociale.
Recevez Monsieur le Député mes salutations syndicales.
Bernard VIRE
Secrétaire Général
de l’Union Locale CGT d’Alès
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