Camarades,
Je vais commencer par une petite dédicace en direction de Monsieur le Sous-préfet Marx qui regagne les froides contrées du Nord Est. La presse locale ne tarie pas d’éloges le concernant : homme de dialogue, sens de l’humour, chaleureux, etc.… Enfin, l’homme providence qui aurait, malgré la conjoncture difficile géré la situation économique catastrophique de l’arrondissement. Oui, il peut remercier les élus, les institutions, les patrons, certains syndicalistes qui ont œuvré à ses côtés pour étouffer la colère des salariés licenciés.
Mais cela ne vous a pas échappé, il n’a pas invité l’Union Locale CGT d’Alès à partager les petits fours. Bien sur il ne nous compte pas parmi ses amis et c’est bien ainsi !
Depuis sa nomination, nous dénonçons ce système de collaboration de classes où tout le monde s’assoit à la même table à la recherche du consensus. Rappelez-vous Camarades du temps où nous crions dans la rue : « les consensus, ça fait des cons sans sou ». Ce slogan, malheureusement est toujours d’actualité. Nous devons cesser de débattre avec ceux qui tous les jours massacrent nos droits et nos libertés. La discussion ne doit se faire que sur des bases solides, c’est-à-dire avec le rapport de force, sans cette condition aucune négociation n’est possible.
Donc vous l’avez compris Marx s’en va, avant lui la Commissaire d’Alès et le Préfet Bouziges qui souvenez-vous à porter de sévères attaques contre notre UL, dénonçant ses méthodes trop radicales, d’un autre temps. Seulement, il a oublié ce cher homme, que grâce à notre action, le patron voyou Delamarre est passé par la case prison, et il a lui-même reconnu dans un courrier que nous avions raison lorsque nous dénoncions l’utilisation légère de l’argent public. Allez bon vent à tous les trois !
Le Cévenol, comme le reconnaissait le Sous-préfet a un caractère bien trempé, combatif, riche de son histoire et souvent politiquement rouge. Le gouvernement précédent en nommant le Sous-préfet Marx cherchait il à brouiller les cartes. D’autant plus que le Directeur de la DIRECCTE s’appelle Pottier, tout comme Eugène Pottier, l’auteur de l’Internationale. Mais pas de chance ici, on préfère les originaux aux copies.
Depuis son élection le Président Hollande dans la droite ligne des politiques ultralibérales de ses prédécesseurs, massacre avec l’aide de son gouvernement les acquis sociaux et réprime sans vergogne les syndicalistes, les salariés qui osent lever la voix devant la fermeture de leurs entreprises.
Sous quelle République vit-on ? Hollande qui clamait lors de la campagne électorale, mon ennemi c’est la finance, se renie tous les jours ! Gattaz, le Patron du Medef, jubile et en redemande ! Que pouvait-il espérer de mieux ! Le Chef de l’Etat, prétendu socialiste se couche dès que le maitre capitaliste élève la voix ! D’énormes cadeaux sont distribués aux patrons, aux actionnaires, alors qu’à l’opposé, nous salariés, privés d’emploi, retraités, jeunes serrons la ceinture. Cette situation, n’aurait pas été possible sans la complicité de syndicats vassaux qui signent sans sourciller des accords destructeurs pour le Code du Travail, la réforme des retraites, l’ANI, la formation professionnelle, l’Unedic, malheureusement la liste n’est pas exhaustive. Ces syndicalistes vont à la gamelle et trahissent la classe ouvrière. Ils seront un jour appelé à rendre des comptes. Nous, le peuple, nous avons de multitudes de raisons à être révoltés, le capitalisme pille les richesses produites par notre travail.
Les exonérations des cotisations :
- CICE 20 milliards
- Pacte « Responsabilité » 30 milliards
Total des exonérations fiscales et sociales : 230 milliards
Alors que le « trou » de la Sécurité Sociale serait de ……12 milliards
Et on continue à nous rendre responsable !!!
Le produit de notre travail doit essentiellement servir à la création d’emploi et à la hausse des salaires, au développement des services publics, au financement de la Sécurité Sociale. Il est grand temps d’exiger le partage des richesses et de revendiquer haut et fort des droits nouveaux pour une véritable démocratie sociale.
Syndicalistes, nous sommes aussi des citoyens vigilants. La dureté de la vie, les compromis politiques, l’agressivité de la classe dominante, les matraquages de grands médias engendrent des déviations de l’esprit.
Le repli sur soi, la méfiance, l’individualisme sont source d’idées nauséabondes et réactionnaires. Le but est de diviser la classe ouvrière.
A la CGT, nous ne pouvons tolérer ces idées, nous devons les combattre, mais surtout être très vigilants à l’entrisme des organisations d’extrême droite qui tente d’infiltrer notre syndicat..
Rappelons nous souvent nos fondamentaux, partageons les avec les nouveaux adhérents.
Nos piliers sont : Solidarité, antiracisme, antifascisme, anticapitalisme et demeurons un syndicat de classe et de masse. Gardons cela en mémoire.
En ces temps troublés à cause du laxisme du gouvernement qui a choisi le camp des riches. La rue est occupée par les forces les plus réactionnaires qui mènent des combats antirépublicains. Cette période, même si les temps ont changé rappelle février 1934 où les milices fascistes attaquaient quotidiennement les institutions républicaines. Seule la mobilisation de la classe ouvrière a empêché l’extrême droite de prendre le pouvoir.
L’unité réalisée, la détermination, la radicalisation des luttes ont permis la victoire du Front Populaire et de grandes conquêtes sociales.
Bernard VIRE
Secrétaire Général de l’UL d’Alès
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