Francis IFFERNET
9 rue des Orangers
30100 ALES le 30 octobre 2013
Lettre ouverte :
Les raisons de mon absence
À la cérémonie du 15/11/13
À
Patrick MALAVIEILLE
Maire de la Grand’ Combe
Président du Pays
Grand ‘Combien
Monsieur le Maire et Président
La Fédération Régionale des Mineurs et Retraités CGT des Cévennes et ses sections syndicales ne peuvent que se féliciter et se réjouir de l’initiative de la ville de la Grand’ Combe, et de la Communauté de Communes du pays Grand’Combien, d’ériger une stèle à la mémoire des mineurs cévenols afin de rendre hommage à cette corporation qui a contribué au développement économique et social des Cévennes, ainsi qu’au redressement de la France au lendemain de la guerre. Je vous remercie de votre invitation à l’inauguration qui aura lieu le 15 novembre.
Je tiens à préciser que personnellement cette cérémonie présidée par le Préfet du Gard interpelle mes convictions syndicales, et principalement pour deux raisons :
Premièrement, la lettre en date du 2 juin du Préfet du Gard à l’encontre de l’Union Locale d’Alès est pour moi inacceptable, voire choquante. Comme le titre le quotidien Midi Libre du 2 juillet : « le Préfet étrille l’Union Locale d’Alès ». En effet dans sa lettre celui-ci accuse la CGT de contribuer à la destruction d’emploi sur le bassin, n’hésitant pas à citer Shelbox, Tamaris, Richard Ducros…. A l’évidence pour mieux taire, voire protéger les vrais responsables que sont le patronat et les pouvoirs publics dans la liquidation de ces entreprises. Le comble, lorsque l’on connaît la situation actuelle de Call Expert, le Préfet n’hésitait pas à faire porter la suppression de 107 emplois sur la responsabilité de l’Union Locale. A ce jour, le PDG de Call Expert Bertrand Delamarre est poursuivi et assigné à résidence pour avoir détourné des millions d’euros (cotisations sociales et fonds publics) le Préfet n’aurait il pas mieux été inspiré de prendre en compte les interpellations et alertes de l’Union Locale et des salariés de l’entreprise bien en amont. Sur ce dossier plusieurs questions se posent, notamment l’utilisation et le contrôle des fonds publics ….
Deuxièmement, je suis persuadé que l’hommage qui sera rendu aux Mineurs lors de la cérémonie sera poignant, y compris de la part du Préfet. Comme toujours, pas une personnalité, pas un ministre quelle que se soit son étiquette politique, n’a manqué de flatter les mérites de la corporation. Mais, je tiens à souligner que les retraités et les veuves de mineurs attendent autre chose que des hommages qui ne coûtent pas bien chers. Ils attendent des actes bien plus que des paroles.
Oui, beaucoup de mineurs ont perdu, pour les intérêts vitaux du pays, leur santé et même parfois leur vie, laissant leurs veuves qui pour la plupart vivent, dans des conditions matérielles difficiles.
C’est pourquoi, j’interpelle d’ores et déjà Monsieur le Préfet représentant de l’État que la meilleure reconnaissance qui puisse être faite à la corporation minière est de :
- Mettre fin à l’injustice crée en 2002 sur le rattrapage des pensions minières qui leur était dû (17% en 2002 -. 30% en 2012) Ce sont les plus âgés, ceux qui ont travaillé dans les conditions les plus difficiles et les veuves qui en sont dramatiquement exclus.
- Que l’on indemnise les révoqués 1948, 1952 dont le jugement de la Cour d’Appel de Versailles du 21/01/2011, avait fixé le préjudice à 30 000 euros qui fut remis en cause par le gouvernement Sarkozy. Il reste malheureusement très peu de ces révoqués en France et comme vous le savez une poignée dans notre bassin cévenol.
- Que l’on assure l’avenir du régime minier, que l’on donne les moyens nécessaires à ce régime spécifique de Sécurité Sociale bien mis à mal. Il est important qu’il garde sa qualité, sa proximité et la gratuité des soins, et qu’il puisse aussi par ses structures apporter efficacement sa part à l’offre des soins à l’ensemble de la population.
C’est maintenant que les mineurs en ont le plus besoin compte tenu de leur âge, de leur santé fragile. Il faut garder et renforcer ce régime de protection sociale qui a fait ses preuves, et qu’ils ont su construire par leur labeur et leurs luttes.
Voilà, ce que je tenais personnellement à vous dire à l’occasion de cette cérémonie. Je suis persuadé que vous me comprendrez. Sachez toutefois, que si je suis absent, je serais présent par la pensée et par le cœur.
Je vous adresse Monsieur le Maire et Président mes sincères et cordiales salutations
Francis IFFERNET
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